Tim Burton

Halloween approchant à grand pas, j’ai de plus en plus envie de revoir les chefs d’oeuvre de Tim Burton. Remontons le temps…

tim burton
Biographie
Tim Burton est né à Burbank en Californie en 1958. Cette ville est située à côté de Hollywood et beaucoup de studios de grandes compagnies de production s’y trouvent. Cependant, elle reste une ville très banlieusarde, avec toute l’uniformité et les codes sociaux que cela implique.
Très jeune, il se passionne de cinéma. Son film préféré « Jason et les Argonautes » présage sa passion future pour l’animation en image par image, avec dans ce film la célèbre attaque des squelettes. Il est également fasciné par les films de monstres, de Godzilla à King-Kong, et aime à penser que ces créatures terrifiantes sont avant tout des incompris et qu’ils souffrent de leur différence. Son coté taciturne l’isole un peu des autres enfants. Traversant les classes sans intérêt véritable pour les études, il se fait surtout remarquer par ses talents de dessinateur et les petits films en super 8 qu’il réalise avec des amis. En 1976, il entre au California Institute of the Arts, fondé par Disney.
Il se rend alors compte qu’il lui sera difficile de travailler chez Disney à cause de son goût pour les créatures bizarres. Son talent l’aide toutefois à entrer aux studios Disney et il commence à travailler sur le film Rox et Rouky en 1979. Mais il a énormément de mal à dessiner des gentils animaux dans une forêt verdoyante. Il devient alors le marginal des studios. Il est alors affecté au poste d’artiste-concepteur sur Taram et le Chaudron Magique, un film dont l’ambiance doit à priori mieux lui convenir. Malheureusement, il est encore une fois déçu par l’expérience puisque ses idées, décidément trop étranges, ne sont pas retenues.
tim burton et ses créatures
Vincent
Grace à ses soutiens, il réussit à réaliser son premier court métrage en 1982 : Vincent, un poème pour enfants qu’il a écrit en tant qu’employé chez Disney. Le film en noir et blanc utilise la technique de l’image par image. Il dure cinq minutes et raconte l’histoire d’un petit garçon perturbé de sept ans, Vincent Malloy, qui fuit la réalité en se mettant dans la peau de son idole, l’acteur anglais Vincent Price. Un récit qui semble autobiographique. De plus, le film s’inspire des adaptations des nouvelles d’Edgar Allan Poe, et des histoires du Dr Seuss, qui ont beaucoup marqué la jeunesse de Burton. Enfin, la narration de Vincent est assurée par Vincent Price lui-même. Si Vincent est comme l’avait voulu Burton, il n’est pas distribué mais gagne le Prix de la critique au Festival international du film d’animation d’Annecy.
tim burton
Hansel et Gretel
En 1982, Burton réalise pour la télévision Hansel et Gretel, une adaptation orientale du conte des frères Grimm, qui est pour lui l’occasion de travailler pour la première fois avec des acteurs. Après avoir écrit le poème The Nightmare before Chritmas (future base de son film d’animation éponyme), il réalise en 1984 le film Frankenweenie. Il s’agit d’un film en noir et blanc de 25 minutes, dont le budget atteint un million de dollars. Il raconte l’histoire de Victor, un jeune garçon dont le chien Sparky meurt renversé par une voiture. Il décide alors de le réanimer en s’inspirant de ses cours de sciences naturelles quand le professeur a électrocuté une grenouille morte avec de l’électricité. L’expérience réussit mais Sparky s’enfuit, semant la terreur dans le voisinage.
Comme Vincent, Frankenweenie est une porte ouverte sur les sentiments de Tim Burton et s’inspire du Frankenstein de James Whale. Malheureusement, il est classifié comme interdit aux moins de douze ans et Disney ne le sort donc pas en salle.
tim burton sur le tournage d'edward aux mains d'argent
Une filmographie de l’étrange
En 1985, il réalise Pee Wee big Adventure, un long-métrage avec Paul Reubens, une star outre-atlantique des émissions pour enfants. Sa carrière est définitivement lancée. Burton a une attirance indéniable pour les histoires étranges, ne traitant pas du monde réel. Il ne semble pas pouvoir concevoir un film sans inclure des éléments fantastiques, inscrivant l’histoire dans un univers relevant de la fiction. Mais le cinéma de Burton ne se limite pas à un étalage virtuose de scènes visuellement superbes, ils ont tous un sens profond : l’incompréhension, l’intolérance, la différence entre ce qu’on est et ce qu’on montre de soi, la volonté d’être soi malgré tout. Derrière cet esthétisme exacerbé, presque étouffant, les personnages marginaux ou hors normes de Burton souffrent intérieurement. Comme dirait Rafiki, il faut aller au delà de ce que tu vois.
Son oeuvre poétique sombre et psychologique est amplifiée par ses collaborations récurrentes avec le compositeur Danny Elfman ou les acteurs Johnny Depp, Eva Green ou Helena Bonham Carter, son ex-compagne et mère de ses deux enfants.

Tim Burton est très prolifique. Je ne vais vous parler que de quelques films que j’ai appréciés. La liste n’est donc pas exhaustive mais uniquement personnelle !
tim burton sur le tournage de Beetlejuice
1988 – Beetlejuice (Réalisateur , Scénariste)
Un couple de jeunes mariés heureux, Adam et Barbara Maitland, décèdent suite à un accident de voiture. Devenus des fantômes, ils ne peuvent quitter leur maison car ils se retrouvent alors dans une dimension effrayante peuplée de gigantesques vers de sables. Mais leur maison est vendue peu après à un couple de riches snobs qui emménagent avec Lydia, une adolescente gothique. Juno, la conseillère dans l’après-vie du couple, les informe qu’ils doivent hanter leur maison pendant 125 ans et se débrouiller par eux-mêmes pour chasser ses occupants. Comme leurs tentatives sont infructueuses, les Maitland décident, malgré les mises en garde de Juno, d’invoquer Beetlejuice, un « bio-exorciste » excentrique et peu digne de confiance, pour qu’il fasse fuir les Deetz.
Un film horrifico comique avec un budget de treize millions de dollars, dont un affecté aux effets spéciaux. Burton a dit que ce film est une parodie de L’Exorciste. J’aime le mélange de macabre, de poétique et de comique, n’étant pas fan d’horreur pur. Michael Keaton interprète Beetlejuice avec brio. Le film reçoit également un Oscar pour le maquillage.
Une série animée pour enfants en a découlé.

Batman
Tim Burton a été au commande d’une trilogie sombre et remarquable sur l’homme chauve souris.
1989 – Batman (Réalisateur)
Après l’assassinat de ses parents lorsqu’il était enfant, le milliardaire Bruce Wayne est devenu Batman, un super héros masqué en conflit avec le crime organisé. Gotham City est contrôlée par le parrain Carl Grissom. Son bras droit est Jack Napier, qu’il envoie en raid sur l’usine chimique Axis Chemicals. Il tombe dans un guet-apens… et une cuve d’acide. Il ne meurt pas mais en ressort défiguré… et fou. Ainsi il devient « le Joker », tue Grissom et prend le contrôle de son empire criminel avec l’Axis comme quartier général. La lutte de Batman contre le Joker s’intensifie considérablement lorsqu’il réalise que c’est ce dernier qui a tué ses parents : tuer le Joker devient alors une affaire personnelle à deux niveaux pour lui.
On assiste ici à la naissance du héros et de son plus fidèle ennemi, magistralement interprétés par Michael Keaton et Jack Nicholson, dans un univers noir et glauque.
La Warner propose à Tim Burton de réaliser Batman. Il accepte malgré les contraintes: son choix de prendre Michael Keaton pour interpréter le justicier masqué est contesté et de nombreux choix font polémique chez les fans. Il revisite le costume à sa sauce et recrée un Gotham sombre, assez proche de l’expressionnisme allemand et du cinéma de Fritz Lang. Pourtant, c’est un succès : le film rapporte quatre cent millions de dollars à l’échelle mondiale et gagne l’Oscar de la meilleure direction artistique.
tim burton sur le tournage de batman
1992 – Batman Le Défi (Réalisateur)
Burton se retrouve aux commandes de la suite dans laquelle le justicier masqué est confronté à Catwoman et au Pingouin (joués respectivement par Michelle Pfeiffer et Dany DeVito) Dans ce volet, Burton laisse un peu de coté Batman pour se focaliser sur les deux vilains où une fois encore il peut se laisser aller à ses fantasmes gothiques et torturés. Une histoire encore plus noire, macabre, avec une touche de carnaval et de burlesque. Cette fois, ce sont les parents qui jugent le film trop effrayant pour les enfants. Néanmoins, le film triomphe au box-office.
tim burton sur le tournage de batman
1995 – Batman Forever (Producteur)
Batman change de visage et est incarné par Val Kilmer. Il se frotte à Double Face (Tommy Lee Jones) et l’Homme Mystère (Jim Carrey) Le film a pris une approche moins sombre par rapport aux deux précédents, c’est plutot un divertissement familial. Personnellement je trouve ça dommage et bien plus fade, même si Gotham est visuellement plus colorée.

1990 – Edward Aux Mains D’Argent (Réalisateur, Producteur, Scénariste)
Une grand-mère raconte une histoire à sa petite-fille pour lui expliquer d’où vient la neige qui tombe sur la ville. Un inventeur solitaire crée une créature humaine, Edward, mais n’a pas pu l’achever avant de mourir, laissant Edward avec des ciseaux aux lames extrêmement acérées à la place des mains. Il vit seul dans le sinistre château jusqu’au jour où Peg Boggs, représentante en cosmétiques, se présente à sa porte. Elle décide de l’emmener chez elle. Il devient très vite le nouveau centre d’intérêt du quartier et est d’abord accueilli à bras ouverts, ses talents de tailleur de haies et de coiffeur lui valant l’admiration et les sollicitations de toutes les voisines. Jusqu’à un terrible accident.
Un de mes films fétiches, mêlant fantastique, drame, romance, merveilleux et comédie. Le scénario se veut relativement autobiographique et c’est également la rencontre entre Burton et l’acteurJohnny Depp. Plaidoyer pour la tolérance, ce quatrième film se conçoit comme une fable noire récompensée à plusieurs reprises.

Jack Skellington
Personnage emblématique indissociable de Tim Burton, il a été à l’honneur lors de trois longs métrages, plus easter egg dans James et la Peche Géante. C’est son 25e anniversaire cet automne.
1993 – L’étrange Noël De Monsieur Jack (Producteur, Scénariste)
2005 – Les Noces Funèbres (Réalisateur, Producteur)
Tous sont des films d’animation utilisant la technique de l’animation en volume ainsi que des marionnettes évoluant dans des décors réels, filmés image par image. Le scénario du premier est basé sur un poème écrit par Burton à l’époque où il était chez Disney (voir plus haut). Il rappelle le Grinch du Dr Seuss, l’un des poètes favoris du cinéaste. La mise en scène va nécessiter trois ans.
Pour Les Noces Funèbres, le scénario est basé sur un conte russe.
Je vous avais également parlé d’une version manga dans un de mes articles précédents.

1996 – Mars Attacks ! (Réalisateur, Producteur)
Parodie de film de science-fiction réalisée dans l’esprit des années cinquante, Burton se moque des Américains. Des Martiens en soucoupe volante envoient un message incomppréhensible aux terriens. Le président des États-Unis fait alors une annonce en direct afin d’entrer en contact avec eux. Un scientifique invente une machine qui permet de traduire leur langue. Ils annoncent qu’ils vont atterrir dans le désert du Nevada, avec un message de paix. Un important dispositif est alors mis en place pour leur arrivée. En fait, ils viennent s’amuser à atomiser la populace, les militaires et le Congrès avec leur pistolet-désintégrateur. Malheureusement pour eux, alors que la victoire leur est acquise sur toute la planète, un jeune américain découvre une faiblesse qui va les décimer : ils sont allergiques au Yodel.
Le film se base sur un jeu de cartes à collectionner datant de 1962. Burton donne volontairement à son film un aspect ringard, dans le style des films de science-fiction à petit budget des années 50. L’humour y est roi, mais de façon très grinçante. Mais le public américain n’est pas emballé, préférant Independance Day (plus chauvin) qui sort en même temps.

1999 – Sleepy Hollow (Réalisateur)
En 1799, l’inspecteur Ichabod Crane est envoyé enquêter dans le village de Sleepy Hollow, où les corps des bourgeois Van Garrett ont été retrouvés sans tetes. Le responsable serait le cavalier sans tête, un cruel mercenaire hessois mort pendant la guerre d’Indépendance des Etats Unis et qui serait revenu des enfers dans le but de faucher des têtes. Crane reste sceptique.
Ce film sombre et gothique est librement adapté de la nouvelle homonyme de Washington Irving. Aux effets spéciaux, on retrouve Kevin Yagher, responsable des effets spéciaux de la série Les Contes de la Crypte. Toujours peu enclin aux effets spéciaux numériques, qui sont limités au strict minimum pour un film de ce genre, Burton concentre toute l’attention de son équipe artistique sur les décors, allant jusqu’à réaliser lui-même certains arbres de la forêt. C’est un grand succès international récompensé par l’Oscar de la meilleure direction artistique.

2005 – Charlie Et La Chocolaterie (Réalisateur)
Charlie Bucket vit pauvrement dans une toute petite maison avec sa famille. En dehors de sa famille, la chose qu’il aime le plus est le chocolat. Mais à cause de sa pauvreté extrême, il ne peut toutefois recevoir qu’une tablette de chocolat par an, pour son anniversaire. A coté de chez lui se trouve la plus grosse chocolaterie du monde, mais elle est fermée au public suite à des soucis d’espionnage industriel. Son propriétaire, Willy Wonka, à la surprise de tous, décide d’autoriser à nouveau la visite de sa chocolaterie par le public, en organisant une loterie : cinq tablettes de chocolat « Wonka » contenant des tickets d’or cachés sous l’emballage sont dispersées dans le monde. Par pur miracle, Charlie parvient à trouver le dernier ticket d’or. Grand-Papa Joe se lève alors de son lit, et tous deux partent pour la chocolaterie et y découvrent des choses extraordinaires, dans tous les sens du terme.
Ce film se base sur le roman pour enfants de l’auteur norvégo-gallois Roald Dahl. Le film est très coloré et poétique, mais je vous avouerai que je n’ai jamais pu le regarder en entier, car je le trouve effrayant… alors que j’ai vu plusieurs fois les autres films de Burton avec délectation. Suis-je un alien ?


Alice au pays de Burton
Alice au Pays des Merveilles, le chef d’oeuvre de Lewis Caroll qu’on ne présente plus, un de mes univers préféré, réalisé par Burton… J’ai cru rêver en 2010.
2010 – Alice Au Pays Des Merveilles (Réalisateur)
2015 – Alice De L’Autre Côté Du Miroir (Producteur)
Le premier film est en fait la suite du livre de Lewis Caroll. Alice a 19 ans et lors d’une réception, elle est demandée en mariage par Hamish Ascot, un lord arrogant et très peu séduisant. C’est alors qu’elle aperçoit un étrange lapin blanc qui possède une montre à gousset et lui fait signe de la suivre. Alice s’enfuit et arrive devant un curieux arbre mort. S’en approchant trop près, Alice tombe dans le terrier et atterrit au Pays des Merveilles. Elle ne se souvient pas de son précédent voyage, et rencontre tous les personnages de cette curieuse contrée, devenue sombre et inquiétante. Après son départ, la Reine Rouge Iracebeth a pris le pouvoir en relâchant le Jabberwocky.
Le second film est issu du roman éponyme écrit par Lewis Caroll en 1871, qui fait suite au premier.
Même si Burton est habituellement attaché aux techniques de tournage plus traditionnelles, les films ont recours à de nombreux effets numériques, est presque entièrement tourné sur fond vert et est converti en 3D. Le premier film a remporté deux Oscars en 2011.

2019 – Dumbo (Réalisateur)
Les fans et moi même attendons avec impatience (mais également une pointe d’appréhension, je l’avoue) la version live de Dumbo, un éléphant de fiction créé par la romancière Helen Aberson, popularisé par Disney. Mais comme le veut la morale de l’histoire de Dumbo, « Quand on fait de son mieux, on en retire quelque chose de bien à la fin. » Nous comptons donc sur Tim Burton.


16 réflexions sur “Tim Burton

  1. J’adore l’univers de Tim Burton!
    C’est toujours une invitation à l’imaginaire, avec des films soit très colorés soit noirs mais toujours avec un peu de folie
    Bisous

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  2. Coucou, merci pour ces petits rappels. Je connais quelques uns de ces films, j’adore Edward aux mains d’argent que j’ai vu une bonne dizaine de fois et j’aime beaucoup Charlie et la chocolaterie. Faudra que je découvre les Alice aux Pays de Merveilles.
    Je te souhaite une bonne journée. Bises

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  3. Coucou ma belle,
    Merci pour ce joli portrait, j’ai découvert plein de choses sur cet homme que je connais peu.
    Bonne fin de journée, bises.

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