Je ne suis pas un gay de fiction de Natao Asahara

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Jun, lycéen japonais, est gay. Bien que vivant caché, il sait parfaitement qui il est. Fan de Freddie Mercury, il fréquente un homme plus âgé que lui… et marié ! Son seul véritable confident, Mister Farenheit, est une connaissance d’internet. Mais quand un matin, au détour d’une librairie, il croise Miura, une de ses camarades de classe, en train d’acheter un manga homo-érotique, son quotidien va petit à petit s’effriter. Car cette dernière, fan de « tout ce qui est homo », ne voit pas l’évidence devant elle. Petit à petit, la lycéenne va tomber amoureuse de Jun… Ce dernier, prêt à tout pour entrer dans le moule et obtenir un bonheur « comme les autres », va essayer de répondre à cet amour. Combien de temps pourra-t-il entretenir ce mensonge ?
je ne suis pas un gay de fiction
Pour public averti
La première chose que j’ai aimée dans ce roman, c’est sa composition originale : chaque chapitre a pour titre une chanson de Queen et dépeint un fragment de la vie des personnages sous cette lumière. En fan du groupe anglais, cela m’a parlé. J’ai même trouvé que certains dialogues sonnaient comme des paroles de chanson du groupe. D’ailleurs Freddie Mercury peut être considéré comme un personnage secondaire tant son ombre plane dans cette histoire. Jun est fan, il donne rendez vous à son amant dans un café lesbien qui ne passe que ce groupe en fond sonore, il a connu son meilleur ami grace au groupe, etc …
freddie mercury
Ce roman est le premier livre de Natao Asahara, japonais qui fit son coming out à la sortie du livre. Et cela se ressent dans son écriture. Bien sur, je ne peux pas me mettre dans sa peau, mais les réflexions et pensées qu’il prête à Jun paraissent d’une telle justesse et une telle sincérité… Il est alors impossible de détester Jun pour ses actions, de même que celle de son amant. Le lecteur voit l’homosexualité sous un autre angle, de façon bien plus introspective et originale que dans la plupart des autres romans.
Mais tout ne tourne pas autour de l’homosexualité. Il n’y a d’ailleurs pas de « grande folle » dans ce roman. Tout est écrit avec respect et justesse. Même pour Miura, qui est une fushoji (fille fan de boy’s love, ce terme japonais signifie « fille pourrie » à cause de son addiction). Ce roman aborde énormément de sujets et de thématiques qui parleront aux adolescents comme aux adultes : le suicide, le harcèlement scolaire, la sexualité, l’envie de réussir sa vie et d’avoir une famille, d’être intégré à la société…
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L’amour est l’élément central du texte, plus que l’homosexualité, à mon avis. Le problème, c’est que personne ne semble le trouver : la mère de Jun est célibataire, Miura vit un amour à sens unique, les garçons de la classe de Jun ne parlent que du fait de perdre leur virginité et non pas de sentiments, le petit ami de Jun est un homme marié pour correspondre aux désirs de la société… Même le couple d’amis de Miura avec qui ils sortent ne semble pas un vrai couple : rapidement les filles restent ensemble pour s’adonner à leur passion, laissant les garçons sur la touche. Pourtant, personne n’est fustigé, chacun cherchant son bonheur… Et cela même jusque dans la pédophilie (Jun a dix sept ans et fréquente un homme marié). Je sais que le Japon condamne également cette pratique, mais l’écolière reste par exemple un grand fantasme nippon. (Bien sur, un fantasme peut rester un fantasme, mais n’entrons pas dans ce débat). Voire même jusqu’à l’inceste, lorsque l’amant de Jun avoue être excité par son fils. Là, bien sur, le personnage dit de lui même que c’est interdit, sale et condamnable. Mais personnellement, cela m’a choquée de lire ce passage, même s’il est court. Je sais très bien que cela existe, mais le voir dans un roman m’a choquée.
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En amour comme pour le reste, la société japonaise est ici pointée du doigt car elle ne semble laisser personne s’épanouir, poussant même certains personnages au suicide.
Un roman percutant et intense qui fait réfléchir. Un best seller au Japon, à découvrir de toute urgence.

A noter: Le succès du roman fait qu’il a été adapté en manga (au Japon uniquement) et en drama (dont le titre est Fujoshi, Ukkari Gay ni Kokuru). Hate que tout cela soit dispo en France!


11 réflexions sur “Je ne suis pas un gay de fiction de Natao Asahara

  1. Hello,
    ça m’a l’air d’être un roman qui parle de ce sujet sans tabou. Je pense que j »aurais aussi été choquée par le passage où l’amant avoue avec des pulsions sexuels pour son fils. Même si on sait que la pédophilie et l’inceste existe, cela n’en reste pas moins très choquant.
    Merci pour ton retour

    Aimé par 1 personne

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