Alice In Murderland de Kaori Yuki

La famille Kuonji est à la tete de l’un des plus grand groupe industriel mondial. Les parents ont adopté plusieurs enfants qui ont l’autorisation de manquer l’école une fois par mois pour se rendre à la tea party familiale. Ce mois-ci, la fête semble particulière et chacun est convié avec la personne qu’il ou elle aime le plus. La vie des enfants Kuonji bascule soudainement lorsque leur riche mère leur donne l’ordre de s’entre-tuer afin d’accéder à la fortune familiale avec en bonus, la vie éternelle. Chacun est sous le choc. A tel point que Stella, la quatrième fille de la famille, tombe dans la schizophrénie et devient Alice, une jeune fille blonde amatrice d’armes à feu. Ceci pour se défendre, ainsi que son frère Zeno dont elle est secrètement amoureuse.


Après avoir éliminé Sid dans le premier tome, Stella doit affronter Claire, sa sœur ainée, sa préférée qui s’est transformée en un petit chaperon rouge loin d’être innocent. Pendant ce temps, Miser, la fille cadette, choisit de s’enfuir avec son amoureux. Stella décide de lui venir en aide avec le soutien de Tsukito, le majordome, alias le lapin blanc. Mais ils sont arrêtés par Maré, le jumeau et quatrième garçon, qui tue le petit ami et maquille cela en meurtre perpétré par Stella. Il espère ainsi voir les deux sœurs s’entre-tuer. La ruse a plutôt bien fonctionné, puisque Stella doit se justifier aux yeux de sa sœur.
Alors qu’elle combat Miser, Zeno et Maré s’allient pour éliminer Tsukito, le petit fils du chef des lapins noirs. Mais ce garçon se métamorphose et dégaine son sabre pour frayer un passage à Alice. Elle se retrouve face à Maré qui tente de s’enfuir. Elle le rattrape et n’en fait qu’une bouchée. Alors qu’elle tombe d’épuisement, Stella rêve du tragique accident qui a fait d’elle et de son frère des orphelins. Elle se souvient alors de la présence d’un enfant aux cheveux blancs ressemblant étrangement à Tsukito. C’est alors qu’elle réalise que la cicatrice reçue par Zeno dans leur enfance est maintenant sur son autre main.


Elle ne trouve alors plus de raison de se battre. Elle est interrompue dans sa réflexion par la fille aînée, Ibara. Cette dernière, complètement dévouée à leur mère, attaque Zeno, cherchant à lui faire avouer ses mensonges. Pour s’en sortir, Stella passe un pacte avec Alice. Cette dernière arrache donc le cœur d’Ibara et gagne le droit de garder le corps de Stella pendant un mois.
Pendant ce temps, Tsukito s’interpose encore une fois et dévoile son identité  : il est en réalité le grand frère Zeno disparu. Mais les retrouvailles sont vite écourtées par l’arrivée des lapins noirs d’un coté et d’un duo mystérieux de l’autre. Ceux-ci semblent très bien connaître l’imposteur et s’enfuient avec.


C’est donc sous l’apparence d’Alice que Stella entreprend d’arracher des aveux à Rikudo, un lapin noir de la garde rapprochée des Kuonji. Zeno s’avère être un assassin envoyé par le clan Washimiya, les ennemis jurés des Kuonji. Bouleversée, elle est alors attaquée par le fantôme de Maré. Elle tombe dans un traquenard où Tsukito, son ami ayant lui aussi de multiples personnalités, sert d’otage.
Une fois son ami libéré, Stella n’a plus qu’à affronter Miser, l’otaku fan de reptiles. Elles élaborent un plan pour duper leur mère : faire semblant de s’entre-tuer sous ses yeux pour lui faire croire que la cadette en décède, alors qu’elle va retrouver son amoureux secrètement. Mais alors qu’ils s’enfuient, Olga découvre tout. Stella se dresse donc contre sa mère, risquant sa vie. Mais elle doit surtout affronter Mel, le plus jeune des enfants.

Fidèle aux thèmes des contes (elle avait déjà rédigé deux séries sur le sujet avec son héros Ludwig), Kaori Yuki trouve un nouveau scénario plein d’humour et de sang pour les explorer. Ici, à travers la folie des Kuonji, chaque enfant va devenir l’un des héros des contes de notre enfance. Dans le premier tome se révèle Bloody Alice. Même si elle n’est pas invitée au pays des merveilles, elle est accompagnée d’un lapin blanc (ici un jeune majordome albinos). Plus tard dans l’histoire aparait Jabberwocky (Initialement le poème le plus connu de Lewis Caroll, ici un dragon protégeant Alice) Le tome 6 signe l’arrivée du personnage de Cheshire, et l’amorce d’un nouveau combat sur un échiquier. Ou bien Io, le petit ami de Miser, est l’incarnation de Humpty Dumpty avec son coté jovial et gourmand. De nombreuses références sont disséminées dans certains volumes.

Dans le second tome, elle affronte le Petit Chaperon Rouge à travers un scénario touchant mais sanglant. On en apprend un peu plus sur chacun des enfants Kuonji grace aux différents flashback et aussi à l’introduction de ceux qu’on ne connaissait pas encore.
Le troisième, plein d’action et d’horreur, met en relief le caractère détestable de Maré, le jumeau diabolique qui se fait passer pour un saint, au sens propre comme au figuré. On découvre également la cadette, Miser, une jeune femme férue de sciences et qui a, sous sa coupe, une armée de zombies. Exit les contes, nous voici en plein délire scientifique : un croisement entre Jekyll, Frankenstein et l’apocalypse. L’action est donc à son comble. Miser est le genre de fille qui plaira aux lecteurs masculins. Mais le plaisir est là aussi pour les filles (rappelons que ceci est un dark shojo) avec le triangle amoureux dont Miser est le centre. Le conflit qui oppose Stella et Maré est vraiment intéressant, même s’il est un peu mis entre parenthèse par l’attitude lâche de Maré.

Le quatrième tome voit la page des zombies se refermer mais l’action est toujours au rendez-vous. Ici, on s ‘attarde un peu sur Tsukito. Cela relance l’intrigue sous un nouvel angle.
Dans le tome 5, l’aînée des filles, Ibara est un personnage tout en contraste et complexe à dessiner avec ses robes et froufrous, ce qui régale les fans de la plume de Kaori Yuki. Coté scénario, on parle beaucoup de Zeno et quelques lumières sont faites sur l’accident d’avion. Cela fait un peu d’ombre au combat Alice-Ibara, mais ce temps plus calme dans la narration permet d’obscurcir le mystère autour de Zeno et de mieux comprendre d’autres pans de l’histoire. Ce tome est bourré de révélations mais aussi de nouvelles interrogations avec l’arrivée d’une mystérieuse organisation.
Dans le tome 6, Kaori Yuki joue de nouveau la carte de la société secrète avec la secte Washimiya. Un tome un peu moins action et plus centré sur les sentiments ainsi que les voiles à lever alors qu’on approche du dénouement. Mais rien ne semble gagné pour Stella qui a encore de nombreux frères et sœurs à vaincre. De jolis retournements de situation qui évitent que le scénario ne s’essouffle.

Dans le suivant, fin du combat entre Alice et Ibara. On en apprend plus sur le passé de cette dernière et sur ce qui la pousse à être une poupée indestructible depuis son adoption. Stella doit donc tenir sa promesse et mener sa lutte la plus difficile, celle contre son double maléfique. Un tome qui parle donc beaucoup d ‘Alice, de ses sentiments, de son enfermement dans le corps de Stella, mais surtout son passé et ses motivations. Et notamment sa relation avec Rikudo, l’un des trois piliers des Kuonji. Avec ses révélations, Kaori Yuki nous livre une Alice qui arrive à nous attendrir rapidement. Je pense que de nombreux fans auraient aimé une confrontation plus dure entre les deux filles, un peu dans la veine du reste du manga. C’est un peu dommage car le reste est toujours aussi bien ficelé.

Au tome 8, un affrontement entre Alice et les jumeaux russes Sol et Maré, qui ne sont pas sans rappeler Tweedle Dee et Tweedle Dum de l’œuvre originale. Pour rappel, ce sont des jumeaux issus d’une comptine écrite par le poète John Byrom et popularisés en 1872 par De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. Leur nom proviendrait d’une épigramme. Depuis, dans la culture populaire occidentale, leurs noms sont devenus synonymes de deux personnes qui regardent et agissent de manière identique, généralement dans un contexte péjoratif.
Puis dans le tome 9, la fratrie est réduite à trois enfants : Miser, Melm et Stella. Plus le nombre de volumes augmente et moins les frères et sœurs sont nombreux. Nous nous dirigeons vers la fin de l’histoire. Il reste malgré tout beaucoup d’énigmes à élucider, à poursuivre dans l’avant dernier tome.

Le thème de la famille est au centre de l’oeuvre : fraternité, amour filial, voire inceste, ainsi que la quête d’identité.
La patte graphique de la mangaka est bien sur toujours là pour sublimer le scénario, offrant de magnifiques dessins de personnages aux tenues chatoyantes, dans des scènes d’actions sanguinolentes ou des vignettes plus sentimentales. Encore une fois Kaori Yuki nous régale avec des personnages complexes et de l’action à toutes les pages.
Une nouvelle série au franc succès qui s’est vue sold out avant sa sortie officielle, nécessitant une réimpression. Un shojo à la sauce survival game décapant

Informations:
Alice in murderland  de Kaori Yuki – Editions Pika – séries en 11 tomes de juin 2016 à mai 2019 (en France)


28 commentaires sur “Alice In Murderland de Kaori Yuki

  1. Coucou miss, merci pour cette jolie découverte, moi qui ne sis pas fan de manga, je pourrais me laisser tenter par celui-ci.
    Je te souhaite une belle soirée et un bon week-end. Bises

    Aimé par 1 personne

  2. J’adore l’univers d’Alice au Pays des Merveilles, alors forcément ce titre m’a intriguée^^ Mais ça me paraît un peu/beaucoup trash… Je vais déjà lire Alice in Borderland (connais-tu,) et j’aviserai ensuite^^

    Aimé par 1 personne

    1. oui je connais Alice in Borderland pour avoir vu la série (il y a un article à ce sujet sur mon blog dans la catégorie « dramas » si ça t’intéresse) mais je n’ai pas eu l’occasion de lire la version papier. Ce n’a pas l’air d’etre un manga de tout repos non plus.
      aimant aussi beaucoup l’univers d’Alice, tu pourras retrouver plusieurs articles sous cette thématique sur ce blog. merci de ta lecture!

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