Le garçon de la lune de Lee Young-yoo

Myung-Ee est une ravissante jeune fille cachant un secret : quand la lune brille, ses yeux deviennent rouges. Le jour de son arrivée au lycée elle retrouve un ancien camarade de classe, Yu-Da Lee, dont elle était amoureuse. Mais il ne se souvient pas d’elle, à sa grande déception. Quelque temps après, Yu-Da Lee est attaqué par la tribu des « Renards de la Lune » et Myung-Ee vient à son secours, révélant son appartenance à la tribu des « Lapins de la Terre ». Yu-Da Lee découvre à son tour qu’il est le lapin noir, dont le foie est un remède à toutes les maladies et dont les deux tribus veulent son pouvoir. C’est le début d’une course poursuite magique semée d’épreuves ensorcelantes dans le monde réel.

Au Japon, un mythe raconte qu’un lapin vit sur la lune où il pile du riz gluant. C’est pour cela que les Japonais mangent des dangos en regardant la pleine lune. Ce mythe est dû au fait qu’une forme de lapin se devine sur la pleine lune. Même si celui-ci est japonais et que la série « Le garçon de la Lune » est coréen, on peut y voir une inspiration.

« Le garçon de la Lune » est un manhwa (BD coréenne) en 9 tomes, édité chez Clair de Lune. Sa commercialisation a été stoppée et elle n’est donc plus disponible qu’en occasion.

J’ai la chance d’avoir toute la collection (le dernier tome a été difficile à trouver et payé un certain prix pour une qualité moyenne) Ce shojo m’avait été conseillé par une amie il y a bien longtemps.
L’objet livre en lui même est sympa : des tomes reliés façon manga avec des couvertures colorées. On trouve même des paillettes sur les chibis en quatrième de couverture. Chaque volume contient un mini poster couleur bonus. Malgré tout, la maquette n’est pas à la hauteur et cela pour les premiers tomes : le cadrage est mal centré et les rebords de certaines cases sont coupés à l’impression, d’autres sont pris dans la reliure… gênant la lecture. J’espère que s’il y a réédition un jour, ce problème sera résolu.

Le thème du lapin est très présent au début de l’histoire, avec les yeux rouges des personnages principaux ou les salles d’entraînement qui sont élaborées comme des terriers dans le second tome. Mais ensuite, cette thématique est plutot abandonnée. Le fait que les héros soient des lapins devient intégré et il n’y a plus ce genre de petit clin d ‘œil sympa.

Dans ce manhwa, les thèmes abordés sont classiques : l’amour et l’amitié sont au choeur de l’histoire. Chaque personnage est amené à prendre conscience de ses sentiments, à les accueillir et à accepter d’aimer, même si pour cela le risque d’être blessé est grand. Les personnages sont persévérants dans leurs quêtes, que ce soit d’amour ou de vie éternelle.

Malgré tout, les apparences sont importantes. Myung Ee ne cache pas son amour pour les beaux garçons par exemple. Ou Taekwon V est souvent raillé pour sa petite taille. Si cette importance des apparences est très prononcée en Corée, cela peut vite devenir perturbant pour un lecteur occidental qui trouvera ces besoins futiles voire mal placés.

A fortiori, on peut saluer la beauté du charadesign et des inserts entre chaque chapitre où les personnages portent souvent de magnifiques costumes travaillés.

L’humour présent est assez basique : entre les histoires de culotte, les fangirls qui shippent les couples homosexuels (à la façon des fans de boy’s love), la présence de magical girls ou encore le travestissement des garçons. Cela semble se moquer gentiment des mangas japonais où ces thèmes sont récurrents. D’ailleurs, de nombreux clins d’oeil sont fait à la transsexualité, notamment au travers du personnage de Ga Woo, un infirmier qui se travesti allègrement et qui semble amoureux de Taekwon V.

Ce coté shojo humoristique est largement contrebalancé par des combats violents. Les personnages frappent facilement et ce même les filles. Les renards sont dépeints comme des êtres assoiffés de sang, même sous leur apparence humaine. Ce qui donne quelques scènes des plus violentes. Ceci est renforcé également par un langage parfois grossier.

Si l’histoire des lapins et des renards m’a beaucoup plu, que le triangle amoureux entre les héros peut attirer son public, je trouve malgré tout que le manhwa souffre de nombreuses maladresses qui gachent le plaisir du licteur. Et notamment en ce qui concerne les personnages, trop nombreux, et qui changent sans arrêt de nom : chacun possède un nom propre, mais aussi un nom différent durant sa vie antérieure, et un nom de guerrier. C’est une pratique courante dans les scénarios chinois (mais encore une fois, nous sommes ici sur une série coréenne) mais j’avoue que cela me perd à chaque fois.

En conclusion, mon avis est plutot mitigé. Si la forme me plait bien (hormis les soucis d’impression qui ne peuvent être imputés à l’auteur), le fond manque de solidité pour séduire un public occidental.

11 commentaires sur “Le garçon de la lune de Lee Young-yoo

  1. J’avoue que malgré les maladresses que tu pointes et qui gêneraient certainement ma lecture, je suis assez intriguée. Je ne pense pas trouver la série à la médiathèque mais je vais tenter sinon je regarderai sur Vinted, ne sait-on jamais. Merci pour cette découverte même si elle t’aura laissée mitiger…

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.