La légende du Tanuki

Les amoureux de Ghibli le connaissent bien grace au long métrage Pompoko, une fable écologique pour adultes. Le tanuki est un yokai (monstre japonais), très populaire. Au Japon, on croise facilement des statues à son effigie devant les magasins ou les maisons.

Physiquement, il ressemble à un chien viverrin avec d’énormes testicules qui peuvent lui servir de filet de pêche, parapluie ou parachute. Il a la particularité de taper sur son ventre comme sur un tambour pour faire de la musique. Sur les statues en céramique représentant ce yokai, il est coutumier de le voir porter un chapeau de paille de riz et une gourde de saké. Il est adulé dans les villes, mais plutot craint en campagne.

L’animal véritable (le chien viverrin) est considéré comme un animal nuisible : il s’infiltre dans la toiture des maisons pour y faire son nid, saccage les poubelles… Nocturne, il est extrêmement bruyant et urine un peu partout.

Le tanuki du folklore est un être farceur mais pas du tout dangereux. S’il est représenté avec d’énormes testicules, c’est parce que le canidé les a effectivement plus développées que la moyenne de ses congénères. Mais en réalité, les japonais utilisaient autrefois la peau des chiens viverrins pour la conception de feuilles d’or. Leur peau est d’une élasticité inouie qui permettait alors d’applatir l’or pour le rendre très fin. De plus, le mot testicule en japonais se dit « kintama ». Ce qui signifie « balles dorées ». La légende était née.

Il est réputé avoir la faculté de se transformer, que ce soit en autre être vivant, mais aussi en objet. La légende raconte que pour cela, le tanuki doit placer une feuille d’arbre sur sa tête. Clin d’oeil réalisé dans le jeu vidéo Super Mario Bros 3, où Mario attrape une feuille pour gagner un costume spécial de Tanuki lui permettant de voler.
De nombreuses légendes japonaises sont références aux tanukis. Celles-ci mettent en avant son don pour la transformation.

Hélas de nos jours, le chien viverrin est chassé pour sa fourrure. Il orne souvent les capuches des doudounes. Les statistiques restent rares et très peu s’intéressent à son sort, mais le chiffre des tanuki tués pour leur peau se compte en millions. Rien qu’en Chine, d’après Reporterre, le nombre de chiens viverrins d’élevage est estimé entre cinq et dix millions d’individus en 2020. En Europe, la fourrure de chien viverrin n’est toujours pas illégale, mais les marques cachent volontiers sa véritable appellation de l’animal sur l’étiquette pour éviter le rejet des consommateurs… Au Japon également, le tanuki « tant aimé » est largement exploité et intensivement chassé pour son pellage. Il représente à lui seul 11% des animaux tués par des chasseurs japonais dans le pays.
Une bien triste réalité.

7 commentaires sur “La légende du Tanuki

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