Hellbound

Série coréenne de 6 épisodes de 50 mn chacun, diffusée en novembre 2021 sur Netflix
Genre et thèmes : drame, fantastique, horreur, mystère, thriller, religion, secte
A partir de 16 ans

Dans un futur proche, un homme est sauvagement assassiné par un trio de monstres en sortant d’un café de Séoul. Face à cet évènement effrayant, une secte, la Nouvelle Vérité, menée par le charismatique et mystérieux Jeong Jin Su, interprète ce phénomène comme un signe de Dieu. Les pécheurs reçoivent la visite d’un ange leur annonçant le jour de leur mort puis s’en suit une démonstration à l’heure prévue. Trois créatures frappent à mort la personne désignée avant d’envoyer son âme en Enfer et de calciner le corps. Si une grande majorité de la population se laisse convaincre par ces idées, plusieurs personnes, dont des policiers et l’avocate Min Hye Jin, tentent de fustiger cette vision des choses… Mais c’est sans compter la branche extrémiste la Pointe de Flèche, touchant le public via les réseaux sociaux. Elle s’organise et use de violence pour découvrir les péchés des condamnés, les afficher au grand public et se débarrasser des personnes refusant la volonté de Dieu.

Ce drama est basé sur le webtoon Hellbound de Yeon Sang Ho (disponible en France chez Kbooks) A noter que ce nom ne vous est sans doute pas inconnu puisqu’il s’agit du réalisateur de Dernier train pour Busan. (que j’ai adoré et vu à plusieurs reprises)

Cette série démarre sur les chapeaux de roue avec presque d’entrée une scène très violente. Ceci ne sera pas du goût de tous mais retiendra l’attention. C’est la scène la plus violente du kdrama à mon goût. Peut être est ce pour cela que certains l’ont trouvé raté car ils s’attendaient à ce type d’exécutions tout du long ? De plus, les comparaisons avec Squid Game ont été plusieurs fois abordées dans les avis des internautes et personnellement, je trouve qu’il n’y a pas lieu. Ces deux séries n’ont pas du tout le même fond.

Cette série plutot courte se déroule en deux parties. Les trois premiers épisodes plantent le décor et expliquent les premiers événements à travers les yeux de la Nouvelle Vérité, son mentor, ses fidèles et le reste de la population coréenne. Les trois suivants se déroulent quatre ans plus tard, une fois que la Nouvelle Vérité a établi son ordre, vision adoptée par la majorité du pays.

J’avoue avoir préféré la première partie, même si le retournement de situation dans la seconde apporte un nouvel éclairage et un regain d’intéret pour le scénario. D’ailleurs, le dernier épisode se termine sur un nouveau mystère. On ne sait rien de qui sont ces personnages étranges qui viennent annoncer la mort ou la donner. Mais de nouvelles questions arrivent et présagent une nouvelle saison à venir.

J’espère qu’ils aborderont alors la question du reste du monde. Car je suis curieuse de savoir si ces phénomènes se limitent à la Corée et s’ils sont perçus de la même façon dans d’autres pays.

Côté acteurs, je les ai trouvé convaincants. J’ai lu pas mal de critiques négatives sur ce drama à ce sujet et je ne comprends pas vraiment. Même s’il n’y a pas de jeu qui sorte du lot, chacun fait sa part de boulot. J’avoue que le leader de la Pointe de la Flèche est très agaçant, mais ce personnage est sans doute très représentatif de certains streamers avides de gloire.

Seul bémol, c’est que tout va très vite : les personnages décèdent rapidement ou disparaissent. Il est un peu difficile de s’attacher à eux et j’aurais vraiment aimé en savoir plus sur certains, comme par exemple quels sont les péchés qui ont condamnés la première femme incriminée. J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Jeong Jin Su et j’aurais aimé le voir plus présent… Le seul personnage conducteur semble être l’avocate Min Hye Jin. J’ai hate de voir ce qu’il va advenir d’elle dans la prochaine saison.

Quant aux effets spéciaux, je les ai plutot appréciés eux aussi. Les créatures qui donnent la mort ressemblent un peu à Hulk, mais avec une peau calcinée (comme du goudron) Des vapeurs s’échappent de leur corps. Certes, ils ne sont pas beaux, mais pas mal faits. Je pense qu’ils incarnent bien le côté sombre et immatériel du bras vengeur de Dieu, ainsi que l’aspect infernal. Ils font très primitifs.
Les « anges » sont un peu moins réussis à mon goût. Si les catholiques les représentent comme des êtres de lumière, ailés et beaux, ici c’est le contraire. Ils sont avant tout un visage gris aux traits tendus et déformés. (Cela m’a fait penser à la pochette de l’album « Music for the jilted generation » du groupe Prodigy pour ceux qui connaissent) Pas très engageant… Mais cela reste acceptable.
Par contre, je n’ai pas aimé la modélisation du bébé dans la seconde partie. On voit clairement que ce sont des images de synthèse et il n’est pas beau du tout… Je chipote peut être, même si je peux comprendre qu’il est difficile de tourner avec un vrai bébé, notamment pour les scènes d’action. Mais j’aurais aimé plus de réalisme sur les plans rapprochés, au moins pour s’attacher à l’enfant.

De manière plus générale, cette série est une nouvelle fois une critique de la société coréenne, mais aussi du pouvoir des religions. A savoir que la Corée est un pays encore très traditionnel malgré qu’il soit en plein boom évolutif ces dernières années. Ainsi, les péchés sont tous mis sur un pied d’égalité et les pêcheurs sont punis de mort, qu’ils aient tué, eu des enfants hors mariage ou bien contracté des dettes… Pourtant, la Nouvelle Vérité ne reconnaît pas l’adultère comme péché… Deux poids, deux mesures, qu’on peut retrouver en politique ces dernières années.

Hellbound a flirté avec la première place du top des visionnages dans plusieurs pays. Pour le moment, Netflix n’a toutefois pas annoncé de saison 2, même si comme je l’ai dit plus haut, la fin du dernier épisode réclame une suite (et moi aussi!) Malgré tout, Sang-Ho Yeon a déjà des idées pour la suite. Le réalisateur sud-coréen a même déclaré en interview au Huffing Post coréen qu’il partirait dans une toute nouvelle direction :
« En tant que créateur, Netflix est une bonne plateforme. C’est aussi un grand avantage et une nouvelle expérience de pouvoir sortir une série partout dans le monde et de voir les réactions dans des pays de cultures différentes. C’était ma première collaboration avec Netflix et c’était réussi. Mais si je devais recommencer avec Netflix, je n’adopterais pas la même approche, je ferais quelque chose de nouveau. » Que faut il en penser ?

The Crowned Clown

Série coréenne de 16 épisodes d’environ 75 minutes chacuns, diffusée de janvier à février 2019 sur tvN.
Disponible en France sur Netflix et Viki.
Genre et thèmes : comédie, historique, romance, histoire, politique
A partir de 15 ans

Ha Seon et sa jeune sœur sont orphelins. Ils sont receuillis et élevés par une troupe de saltimbanques. Ha Seon se montre vite doué et obtient un rôle de clown, celui où il se moque du Roi. Alors que la troupe va se produire dans une maison de gisaengs, on leur conseille de singer la Reine et sa jalousie. Alors qu’ils montrent ce nouveau spectacle, Ha Seon est repéré par le secrétaire du Roi Lee Heon.
Le Roi est menacé par de nombreux ennemis qui veulent le renverser. Alors qu’il sombre dans la toxicomanie, il demande de l’aide à son secrétaire en chef. C’est ainsi qu’il rapporte le clown au Palais, voulant jouer de la ressemblance entre les deux jeunes hommes. Alors que le vrai Roi s’exile, le jeune artiste monte sur le trone et dupe tout le monde. Mais son caractère avenant et enjoué commence à semer le doute parmi la Cour.

Ce drama est un remake du film « Masquerade », lui même basé sur le conte « Le Prince et le Pauvre ».
L’histoire prend place à l’époque Joseon, une page de l’histoire où les bouleversements et les luttes de pouvoir autour du trône ont atteint des niveaux extrêmement dévastateurs. Et même si cette série est une fiction, elle se base sur de tristes réalités. Toute l’intrigue tourne autour du Roi qu’on souhaite assassiner. Et ses ennemis sont nombreux à la Cour et en dehors. Dès que l’un d’eux semble arrêté, un nouveau apparaît. Ha Seon a bien du courage de froler la mort et la catastrophe à chaque épisode (ou presque)
Son personnage de clown va évoluer vers celui d’un souverain digne, humble et compréhensif. Ce qui va rapidement voler le coeur de la Reine (interprétée par Lee Se Young, loin de son rôle de zombie dans A Korean Odyssey) mais aussi de nombreux officiers de la Cour.

L’histoire est plaisante, l’intrigue bien ficelée. J’ai également apprécié que tout ne repose pas sur la romance entre le clown et la Reine. Quelques scènes romantiques sont présentes, sans être trop nombreuses. Ce sont les seuls moments où la bande sonore est chantée. J’ai également préféré qu’elle soit en majorité uniquement instrumentale.

Une série très réussie. La photographie est superbe, les décors magnifiques, que ce soit au marché ou dans le palais royal. J’ai d‘ailleurs beaucoup apprécié les jardins et les architectures. Les costumes sont également splendides. Les acteurs sont tous très bons, les personnages attachants ou détestables. Mention spéciale à Yeo Jin Goo qui incarne ici le Roi et le clown, deux personnages diamétralement opposés. Sa palette de jeu d‘acteur explose complètement. Il réussit à insuffler un sentiment puis son contraire d’une façon plus que remarquable.

J’aime beaucoup les séries historiques et je ne peux que vous recommander celle-ci qui est plus que réussie.

Les dramas inspirés de webtoon

Netflix propose de nombreux dramas asiatiques mais aussi quelques créations originales. Grande consommatrice de dramas coréens, je me régale sur la plateforme, même si je n’ai pas le temps de tout voir ce qui me tente. Dans cet article, je vais récapituler les dramas inspirés de webtoon, que j’ai pu voir. Vous pouvez donc accéder à mes fiches et avis détaillés en cliquant sur les titres.

Un webtoon est une bd diffusée sur internet par épisodes. Le phénomène prend de plus en plus d’ampleur ces dernières années et même certains artistes européens (et donc français) s’y mettent. Si je ne me suis pas abonnée à une plateforme de lecture, c’est essentiellement pour des raisons budgétaires. Mais on y retrouve de tout, et notamment de jolies pépites. Certaines sont sorties en version papier chez Delcourt, sous la collection « kbooks ». Mais ce sera l’objet d’un autre article.

Nevertheless
Yu Na Bi est étudiante en arts. Elle vient de rompre avec son premier amour, un professeur d’art infidèle qui l’a humiliée lors d’une exposition universitaire. Depuis, elle ne croit plus en l’amour, et ne veut plus se laisser emporter. Cependant, lorsqu’elle rencontre Park Jae Eon, ses barrières semblent tomber. Pourtant ses amis lui déconseillent de sortir avec ce garçon. Bien qu’il soit gentil et amical avec tout le monde, il est réputé pour être un serial dragueur. Il ne souhaite plus avoir de relation sérieuse et trace des lignes fermes entre lui et les autres. Mais quand il rencontre Yu Na Bi, il se veut franchir ces limites.
Un drama original qui change complètement dans sa façon d’aborder ses personnages. Ce n’est pas un coup de coeur, mais j’ai beaucoup aimé.

Navillera
Sim Deok Cheol, un retraité, est bouleversé par la mort de son ami en maison de retraite. Durant leur dernière rencontre, il lui avait conseillé de poursuivre ses rêves. Lors d’une sortie, il se retrouve par hasard devant une salle de répétition où Chae Rok s’adonne à la danse classique. Le septuagénaire est subjugué et décide de réaliser son rêve d’enfance : apprendre à danser. Il va ainsi se lier avec Chae Rok, danseur talentueux mais blessé moralement par un père taulard et le décès de sa mère. Chacun va soutenir l’autre et l’aider à se dépasser.
Une série slice of life qui pousse à se dépasser soi même, remplie de scènes poétiques et humaines. Spectateur sensible, attention aux émotions et aux larmes !

Strangers From Hell
Après avoir déniché un stage dans une petite entreprise de Séoul, Yun Jong Wu emménage dans une résidence à loyer réduit. D’ailleurs, l’endroit est insalubre et sa chambre ressemble à un placard. Il n’est pourtant pas au bout de ses surprises lorsqu’il découvre que les résidents ont un comportement étrange et suspect. On dit que « L’enfer c’est les autres ». Serait-ce possible que Jong Wu vienne de pénétrer aux marches de l’enfer ? Jong Wu réussira-t-il à sortir saint d’esprit de toute cette mésaventure ?
Une série qui m’a complètement déçue. Je l’ai d’ailleurs abandonnée au bout de 2 épisodes… Je ne recommande pas.

Love Alarm (2 saisons)
La société est bouleversée par l’arrivée de la nouvelle application téléphonique qui vous avertit à chaque fois qu’une personne qui vous aime se trouve à moins de 10 mètres. Kim Jo Jo est une lycéenne qui paraît toujours joyeuse. Elle cache cependant son lourd passé et son malheur : elle vit chez sa tante qui la déteste depuis que ses parents sont morts sur l’ile de Jeju et que sa grand mère est hospitalisée.
Hwang Seon Oh est quant à lui l’élève le plus populaire de son école puisqu’il en plus d’être mannequin, il est fils d’une actrice célèbre et d’un politicien engagé. Il est très proche de Lee Hee Yeong. Il découvre un jour que son ami est amoureux de Jo Jo. Mais un incident va rapprocher Seon Oh de cette dernière.
Un sujet moderne très plébiscité puisque deux saisons ont été tournées. Même si ma préférence va rarement aux comédies romantiques, j’ai beaucoup aimé.

Sweet Home
Cha Hyeon Su, un lycéen victime de harcèlement scolaire, emménage dans l’immeuble Green Home après le décès de toute sa famille. Au bord du suicide, il ne doit sa survie qu’à la jeune Lee Eun Yu, une ex-ballerine aux allures rebelles. Soudain, les locataires de l’immeuble Green Home se retrouvent enfermés dans la propriété. Un soir, une femme au visage déformé enfonce les portes des logements voisins et essaye d’entrer pour se nourrir. Elle se transforme en monstre sous les yeux médusés de la copropriété. Parallèlement, les autorités informent que le pays est envahi par un nouveau virus qui transforme en monstres les humains incapables de controler leurs émotions et désirs.
Un drama horrifique original qui m’a captivée. De nombreux thèmes importants sont abordés en background. J’aimerais beaucoup lire la version webtoon et j’attends une saison 2 avec une certaine impatience.

Kingdom (2 saisons et un film)
Dans la première saison : Alors que sa jeune épouse est enceinte, le roi décède. Son beau-père décide d’appeler le meilleur médecin du pays pour le maintenir en vie le temps que la jeune femme accouche d’un héritier qui puisse monter sur le trone. Parallèlement, le pays est touché par une étrange maladie où les personnes contaminées deviennent des noctambules assoiffés de sang et de tripes. Le fils aîné du roi, issu d’une concubine et actuel héritier, enquête sur ce mystère, pensant qu’il est lié au mal qui ronge son père.
Mon tout premier drama issu de webtoon et ce fut une grande claque. Un mélange historique et zombie qui m’a de suite captivée. Une troisième saison est en cours de tournage, le sujet étant vaste et regorgeant encore de nombreux mystères.

Toutes ces séries ne sont qu’un léger prisme du catalogue car je ne peux pas tout voir. J’ai également repéré la série DP/Deserter Pursuit.
Appelé à l’armée pour son service militaire obligatoire comme tous les Coréens de son âge, An Jun Ho est un jeune soldat ordinaire, calme et aussi discret que possible, mais tenace. Le sergent Park Beom Gu, ayant remarqué ses capacités d’observations, va le transférer au D.P., diminutif de Deserter Pursuit, dont la tâche est de retrouver et d’attraper les soldats déserteurs. C’est ainsi que Jun Ho va faire équipe avec l’excentrique caporal Han Ho Yeol pour remplir cette mission qui va le confronter à la sinistre et absurde réalité d’un système défaillant.
Une série qui a connu un franc succès cet été et qui me tente bien. Mais je n’ai pas encore pris le temps de la regarder.

Et en exclusivité internationale, sachez que mon prochain visionnage de drama sera Hellbound.
Notre monde fait désormais face à des phénomènes et des créatures surnaturelles. La population doit se battre pour réussir à survivre dans ce chaos. Simultanément, une nouvelle religion voit le jour. Le charismatique et mystérieux Jeong Jin Su, le gourou de l’Église de la Vérité Nouvelle, interprète ces phénomènes comme des signes de Dieu censés mener au Jugement. Il affirme que les dieux de la mort punissent ceux ayant commis de mauvaises actions. Face à cette nouvelle menace, le directeur de programme d’une station de radiodiffusion, Bae Yong Jae essaie de découvrir la vérité sur ce groupe religieux.
La bande annonce m’a scotchée et je suis curieuse de découvrir cet univers particulier. La diffusion a commencé ce 19 novembre dernier.

Quel genre de série aimez vous ?
Seriez vous tenté par l’une d’entre elle ?

Squid Game

Série coréenne de 9 épisodes de 50 mn diffusé depuis septembre 2021 sur Netflix
Genre et thèmes : action, aventure, drame, suspens, jeux, mort, survival game
Pour public averti (déconseillée au moins de 18 ans)

Dans une Corée rongée par l’argent, une partie de ses habitants est surendettée. Recrutées dans le métro, 456 personnes parmi eux sont invitées à participer à un mystérieux jeu de survie nommé « Squid Game ». Se confrontant dans une série de jeux traditionnels pour enfants, mais où les perdants sont éliminés au sens littéral du terme, ils mettent leur vie en danger pour un prix de 40 millions de dollars.

Produite par Netflix, c’est la série de l’automne, qui a battu tous les records. Un tel phénomène qu’on la voit partout : parodiée sur internet avec des animaux, adaptée en dessin animé au Japon, ouverture de magasins ou de jeux éphémères s’en inspirant tout autour du monde, les décors de la série ont été exposés dans le métro coréen d’Itaewon, costume le plus vendu pour Halloween… En moins de 2 mois, la série s’est dressée en tête du Top 10 des programmes les plus consultés de Netflix en France, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, Allemagne, Turquie, Singapour, en Afrique du Sud, au Mexique ou encore au Japon avec plus de 142 millions de spectateurs !

Squid Game façon Roblox

Une des raisons de son succès ? Sans doute le fait qu’elle dresse une critique de la société au vitriol : le moteur de la vie est pécunier. Les pauvres doivent suer sang et eau pour s’en sortir (et encore, quand ils le peuvent!). Ils souffrent mentalement mais aussi dans leur corps. Alors que les riches s’en sortent toujours avec leur argent.

Si vous n’avez pas vu la série et souhaitez ne pas avoir de divulgations sur l’intrigue, merci de ne pas lire les paragraphes qui suivent. (entre les étoiles)

************Spoilers*******************
Cette idée est très bien représentée par le jeu de ttakjichigi  (le but est de retourner la carte de l’autre joueur au sol à l’aide d’une autre carte très épaisse. Traditionnellement, les cartes sont faites par les joueurs à base de feuilles de papier et à l’époque, de vieux documents, de couvertures des livres ou de tissus.) où le perdant qui ne peut pas payer se prend une baffe. La société est donc un mensonge car l’égalité n’existe pas.

Ceci est exacerbé avec l’arrivée des VIP, ces hommes occidentaux blancs qui se délectent des jeux, comme Rome aimait à regarder les gladiateurs s’entretuer.

Le meneur de jeu utilise la psychologie et surtout la manipulation de masse, comme certains dirigeants dans la réalité, pour obliger les joueurs à faire ce qu’il veut. Il leur donne l’impression qu’ils peuvent choisir leurs actions. Cela est particulièrement visible au moment où la règle d’avoir le droit d’arrêter le jeu est annoncée. Celle-ci stipule que si plus de la moitié des joueurs souhaitent arrêter, ils peuvent alors repartir de l’ile. C’est alors qu’il leur montre ce qui les attend : un retour à une vie difficile, remplie de dettes à couvrir et autres problèmes. Partir du jeu n’aura rien résolu. Alors que s’ils restent ou décident de revenir dans le game, ils peuvent décrocher le gros lot grace à leurs efforts et ainsi changer leur avenir, atteindre leur rêve. Le choix est alors vite fait pour les challengers.

Mais il n’y a pas que les riches qui sont « mauvais » : les joueurs entre eux ne sont pas tendres non plus. Ils sont racistes (avec Ali, immigré pakistanais), sexistes, anti- vieux… C’est hélas encore le reflet de la réalité où chacun semble avoir un double visage. Chaque joueur utilise tout ce qui est en son pouvoir (intelligence, métier, sexe, intimidation…) pour parvenir à ses fins. Tout le monde a une part d’ombre, et même le héros. Le seul qui semble plutot bon serait Ali mais sa naiveté le perd.

D’ailleurs, il n’est pas le seul à être naif. C’est aussi le cas du personnage principal, Gi Hun. C’est l’archétype de l’anti héros divorcé, qui vit aux crochets de sa mère pour faire des paris et ne travaille pas. Il est incapable de tenir ses promesses. Pourtant, il a une foi aveugle dans l’humanité alors même que son ami d’enfance, Sang Woo, le trahi à tour de bras. Il est le seul candidat à garder son humanité jusqu’au bout de la série (avec sans doute Sae Byeok, la Nord Coréenne, mais celle-ci reste méfiante envers les autres)

La série est pleine d’easter eggs (clin d’oeils et références) et il serait fastidieux de tous les retranscrire ici. D’autant plus que je ne suis pas coréenne et que j’en ai surement ratés par manque de culture. Mais par exemple, vous saurez que les numéros des candidats n’ont pas été donnés aléatoirement. Pour le numéro 001, Il Nam, c’est évident (pour ceux qui ont vu la série dans son intégralité) Pour le héros, c’est le 456. En Corée, on ne s’intéresse qu’au podium dans toutes les disciplines, c’est à dire les numéros 1,2 ou 3. Le numéro de Gi Hun est la suite 4,5,6, soit des chiffres « inintéressants », comme semble l’être son personnage dans le premier épisode. De plus, on sait avec le choix des dossards lors du jeu du pont de verre, que la population a toujours tendance de choisir « le milieu » (par exemple la rangée de places au cinéma)

Autre petit clin d’oeil, « squid game » signifie le jeu du calamar en français. Cet animal a dix pattes. Et la série comporte dix jeux : les six compétitions explicites, auxquelles on peut ajouter le vote (qui fait penser au jeu de vote avec des pancartes O ou X qu’on peut voir dans de nombreuses émissions de télé coréenne – désolée je ne connais pas son nom), la nuit où les challengers s’entretuent, mais surtout le ttakjichigi (là où tout commence), et enfin le pari réalisé sur l’ivrogne affalé dans la rue (dans le dernier épisode).

De même, beaucoup de personnes se sont demandées pourquoi Gi Hun se teint les cheveux en rouge dans le dernier épisode. Une théorie a été émise : toute la série repose sur l’opposition entre la couleur rouge (ou rose) et le bleu (ou le vert). Le rouge représente les défenseurs (les soldats roses) et le vert les challengers (tenue des participants). Ces couleurs sont également là dès le premier jeu où les carrés de ttakjichigi sont rouge et bleu. Notez que Gi Hun choisit le bleu… Donc en se teignant les cheveux en rouge, celui-ci décide de faire partir des défenseurs. Mais non pas comme les soldats roses, mais bien un défenseur de l’humanité (et cela se traduit par sa réaction à l’aéroport dans l’épisode final)

*************Fin des spoilers****************
C’est une série intense, pleine d’action et de violence. L’ambiance durant les jeux est pesante. L’interprétation des acteurs est bonne. Ils sont tous crédibles, attachants ou détestables, parfois les deux à la fois, malgré le fait que ce soit des personnages très conventionnels, voire clichés.

Les décors sont eux aussi soignés et bien pensés, tout comme les costumes des deux camps. Les soldats roses ressemblent vraiment à des petites fourmis (regardez leur masque, que ce soit l’aspect visuel qui ressemble à un « visage » de fourmi, les antennes en moins, ou le symbole définissant leur hierarchie) qui s’agitent dans leur fourmilière (entre les chambres à compartiments ou bien les couloirs labyrinthes)

Malgré tout, elle véhicule un message plutot pessimiste sur la nature humaine, et notre rapport à l’argent. Faut-il vraiment faire confiance aux autres ? Ne voit-on pas que les personnes qui nous trahissent le plus facilement sont nos proches ?

D’un autre côté, elle nous apprend qu’en grandissant, on se trompe. C’est en collaborant avec ses pairs que les challengers gagnent les jeux et ce, comme on a tendance à le faire naturellement quand on est enfant. Il faut jouer en équipe pour s’en sortir. Mais en intégrant la société des adultes, et notamment dans les pays asiatiques, on nous apprend que nous sommes tous rivaux (et ce dès l’école où on est tous en compétition avec des « notes » et des « places ») voire des ennemis… Ne serait-ce pas une leçon de vie à retenir à l’heure où notre monde change radicalement ?

En résumé, c’est une série très bien construite et à voir (si on est majeur ou presque… voir la polémique actuelle en France où des maternelles et primaires se frappent dessus s’ils perdent à « 1,2,3 soleil »). Mais les fans de séries asiatiques comme moi n’auront peut être pas la même hype que l’occidental lambda. En effet, les survival games sont pléthores dans les romans/séries/mangas asiatiques (par exemple Battle Royale ou Alice In Borderland que je vous recommande) et les fans sont quelque peu « habitués ». Malgré ce coté un peu surcoté qui peut être agaçant, la série est efficace, dure et cynique.

Move to Heaven

Série coréenne de 10 épisodes de 60 mn chacun environ diffusé depuis mai 2021 sur Netflix
Genre et thèmes : drame, slice of life, arts martiaux, famille, maladie, handicap, mort
A partir de 15 ans

Geu Ru, 20 ans, est atteint du syndrome d’Asperger. Il travaille pour l’entreprise de son père, Move To Heaven : ils nettoient et rangent les lieux et objets laissés par les personnes décédées. À la mort de son père, Geu Ru est mis sous la tutelle de son oncle Sang Gu, un homme froid qu’il n’avait encore jamais vu. Ancien artiste martial qui a combattu dans des matchs underground, il sort de prison à cause de son dernier combat. Tous deux en deuil, ils vont devoir travailler ensemble et s’apprivoiser pour construire une vraie famille.

Cette série est l’Adaptation de l’essai Things Left Behind de Kim Sae Byeol.

Autant le dire de suite, cette série est mon coup de coeur de l’année. Je l’ai dévorée en quelques soirées. Le trailer m’avait interpellée et j’étais curieuse de voir comment une personne atteinte du syndrome d’Asperger pouvait être intégrée à une série, notamment avec un sujet aussi dramatique.

Pour information, le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme qui se caractérise par de graves lacunes au niveau des compétences sociales et de la communication. Les personnes atteintes ont souvent des comportements, des activités et des intérêts particuliers, répétitifs et stéréotypés. Ils souffrent de difficulté à se faire des amis, des troubles dans la communication non-verbale et ont besoin de routine, entre autres. Ils n’ont aucune empathie.

A noter que Tang Jun Sang qui incarne Han Geu Ru, est un acteur ne souffrant pas d’autisme. Tout est dans son jeu et on ne peut qu’applaudir sa prestation à rendre Geu Ru crédible. Ce jeune acteur, vu dans Crash Landing On You, a un bel avenir devant lui ! A ses côtés, Lee Je Hoon campe un oncle badass plutot éloigné des personnages proprets qu’il a l’habitude d’incarner. Là aussi une belle performance, notamment physique pour les combats d’art martiaux. Tous deux nous livrent des moments forts et riches en émotions.

Le scénario quant à lui est une petite pépite. Il parle bien sur du syndrome d’Asperger et de toutes les difficultés rencontrées par la famille et les proches. Mais il aborde énormément d’autres sujets très graves comme l’abandon ou l’adoption d’enfants en Corée, la maladie, la vieillesse, l’emprise des pervers narcissiques, la cupidité des familles ou des entreprises…. Elle montre sans fard la société actuelle (en Corée, mais sans nul doute pareil dans les autres pays industrialisés) égoiste et cupide où chacun est confronté à ses problèmes dans la solitude, et ce à tout âge. Une justesse qui ne tombe pas dans le voyeurisme malsain.

« Nettoyage de scène traumatique » est le terme désignant le travail de l’entreprise Move To Heaven. A noter que cela n’a rien à voir avec la police criminelle, puisque ces morts ne se font pas forcément par la violence. Il n’y a qu’un meurtre à proprement parler parmi tous les épisodes. La violence réside plutôt du fait que ces décès sont la conséquence d’actes tiers, souvent de personnes plus ou moins proches, égoistes et négligentes. La façon dont les employés traitent les scènes traumatiques est en total contraste : ils sont respectueux et attentionnés. Ces scènes de nettoyage sont accompagnées de musique classique douce. Peut être pour atténuer les détails de type fluides corporels, odeurs et autres ?

Malgré la gravité du sujet, certaines scènes entre l’oncle et son neveu sont très droles, réussissant à détendre l’atmosphère. De même, celles se passant à l’aquarium apportent un certain relachement de tension par leur coté poétique et beau.

Plus que la mort en elle même, j’ai trouvé les scènes expliquant la disparition de ces personnes dans l’indifférence générale, choquantes et poignantes. J’ai versé de nombreuses larmes de compassion. Le maitre mot de cette série est émotion. Je vous conseille vivement de la regarder… avec des mouchoirs à portée de main !

La fin reste ouverte. Peut être aurons nous droit à une seconde saison ? Même si je doute que cela soit pertinent.

Vu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge.

Nevertheless

Série coréenne de dix épisodes de 70 minutes environ diffusé de juin à aout 2021 sur JTBC et Netflix en France
Genre et thèmes : comédie, romance, drame, triangle amoureux
A partir de 15 ans
Site web officiel : Lien

Yu Na Bi est étudiante en arts. Elle vient de rompre avec son premier amour, un professeur d’art infidèle qui l’a humiliée lors d’une exposition universitaire. Depuis, elle ne croit plus en l’amour, et ne veut plus se laisser emporter. Cependant, lorsqu’elle rencontre Park Jae Eon, ses barrières semblent tomber. Pourtant ses amis lui déconseillent de sortir avec ce garçon. Bien qu’il soit gentil et amical avec tout le monde, il est réputé pour être un serial dragueur. Il ne souhaite plus avoir de relation sérieuse et trace des lignes fermes entre lui et les autres. Mais quand il rencontre Yu Na Bi, il se veut franchir ces limites.

Ce drama est l’adaptation du webtoon du même nom de l’auteur Jeong Won.

En fan de Song Kang (vu dans Love Alarm ou encore Sweet Home) et d’adaptations de webtoon, j’avais repéré ce drama, bien que je ne sois pas une adepte des romances. Et ce fut une bonne surprise.
Les deux premiers épisodes sont déroutants et montrent une sexualité qu’on n’a pas l’habitude de voir dans ce genre de production : un artiste créant une statue érotique, une étudiante qui utilise une appli pour des plans culs, ou même entrer dans les rêves érotiques de Na Bi (avec du nu)… De même, d’autres sujets sont abordés sans tabou, comme par exemple les règles. Cela m’a un peu déstabilisée, mais la suite s’édulcore un peu pour revenir à un niveau plus habituel.


Malgré tout, ce scénario n’est pas tombé dans le classique, malgré a présence d’un triangle amoureux. L’héroine n’est pas naive, cucul et béate d’admiration devant le beau gosse qui joue avec elle. Ce qui aurait pu être le cas vu son attitude dans les scènes flash back avec son ex. Ici Na Bi ne sait pas vraiment ce qu’elle veut. Elle cède à ses pulsions, puis rejette Jae Eon, et ainsi de suite. J’ai personnellement eu mal au coeur pour le garçon qui, même s’il ne fait pas vraiment d’efforts, ne mérite pas ça. Ce sont aussi les histoires d’amour modernes avec toutes leur ambivalence, loin des schémas classiques des dramas!

De même pour les personnages secondaires : on assiste à un amour naissant entre deux étudiants, amis de longue date malgré leurs caractères opposés. Là encore, la fille est aux antipodes des stéréotypes, étant friande de relations d’un soir et d’alcool, alors que le garçon est plus posé et réfléchi. Un autre couple de deux jeunes étudiantes, dont l’une découvre son lesbianisme, est aussi atypique. Chaque acteur est crédible et attachant.

Le tout se passe dans une école d’art et j’ai trouvé intéressant de voir plusieurs techniques développées (sculpture, poterie, etc)

Beaucoup de personnes ont critiqué négativement ce drama, trouvant les personnages creux et le rythme s’essoufflant. C’est vrai qu’il y a quelques couacs. Je pense notamment au personnage de la mère de Na Bi qui n’est pas du tout développé. Et on ne sait pas pourquoi elle déteste autant son beau père. Malgré tout, je ne suis pas déçue car j’ai trouvé les personnages réalistes dans leurs craintes, leurs maladresses, le poids du passé, leurs hésitations… bien loin des clichés à l’eau de rose.
Ce n’est pas un drama coup de coeur mais j’ai beaucoup aimé.

Vu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge

Vincenzo

Série sud coréenne de 20 épisodes de 80 mn diffusée sur tvN du 20 février au 25 avril 2021 et depuis mai 2021 en France sur Netflix
Genre et thèmes : comédie, drame, romance, avocat, crime, mafia
A partir de 15 ans

Victime d’un grave cancer, une mère coréenne décide d’abandonner son fils de 8 ans, Park Ju Hyeong. Celui ci est alors adopté par un riche coupe d’italiens qui l’emmène en Europe. Adulte, il se nomme désormais Vincenzo Casano, avocat pour la mafia en tant que consigliere. Suite à un conflit entre mafieux, il part en Corée à la recherche d’un trésor caché par la mafia chinoise. Ce qui l’amène à croiser le chemin de l’avocat Hong, un homme au grand coeur qui défend une poignée de commerçants dont les locaux veulent être rachetés par tous les moyens par une grande filiale.
Suite à l’assassinat de Hong, Vincenzo va devoir collaborer avec la fille de ce dernier, Hong Cha Yong. Désireuse de venger son père, elle reprend ses dossiers, dont celui des commerçants et celui d’une femme cancéreuse emprisonnée pour avoir tué son patron qui tentait de la violer. Pour cela, Cha Young va devoir démissionner de son poste lucratif chez Babel, la grande filiale aux agissements douteux, et laisser derrière elle son stagiaire, Jang Jun Wu, un américano-coréen secrètement amoureux d’elle.

Le trailer de ce drama m’avait donné envie. D’autant plus que je suis fan de l’acteur Song Joong Ki (vu dans Space Sweepers par exemple) C’est donc avec impatience que je surveillais sa venue sur Netflix.
Je ne suis pas particulièrement friande de policiers (que ce soit en lecture ou visionnage) mais parfois je me laisse tenter par des séries parlant d’avocats. Celle-ci ayant un côté mafieux en plus. Et je sais pertinemment que Song Joong Ki joue toujours dans des productions amusantes, ses personnages sont plein d’humour.

Le mélange étant bien dosé, c’est une réussite. Le début de la saison me fait penser à Ocean’s Eleven avec la chasse au trésor (qui se compose en majorité de lingots d’or et d’une statue de bouddha), puis ensuite avec la clique improbable de Vincenzo.
Même si la carte de l’humour est omniprésente, certaines scènes sont sombres voire violentes. Des violences physiques avec des bagarres, des armes à feu, mais aussi de la torture sur la fin de saison. Des scènes très visuelles qui impressionnent dans tous les sens du terme. Des violences psychologiques avec la maladie, l’intimidation ou encore l’abandon de son enfant.

De nombreux thèmes modernes sont abordés comme la monoparentalité ou le harcèlement sexuel au travail. Mais aussi ceux du changement, de la dualité entre le bien et le mal, de la rédemption et également l’attrait presque enivrant que peuvent donner le pouvoir et l’argent. Tous ces thèmes sont bien traités et parfaitement nuancés, en particulier la question sur les limites de la justice .

Mais surtout on aborde ici tout ce qui touche à la corruption. D’abord par le biais de la mafia italienne. On peut se demander au fil des épisodes, si la mafia n’est pas plus « douce » et « honorable » que les grands de ce monde, que ce soit le système judiciaire (avocats, procureurs…), politique (députés, syndicats…) ou bien les grands groupes industriels (lobbies pharmaceutiques, puissances économiques diverses…) Ce qui fait echo avec la réalité anxiogène actuelle.

Le casting est bien choisi et solide. Vincenzo est l’anti-héros que tout le monde aime. Lui même sait qu’il n’est pas gentil. Ses dernières paroles font référence au fait qu’il a grandi en créant sa propre justice et reste donc borderline jusqu’à la fin. Autour d’un Song Joong Ki magistral, on retrouve Ok Taec Yeon qui incarne le stagiaire Jang Jun Wu (chanteur du groupe 2PM qui vient de faire son comeback). Peu à peu, on va découvrir sa véritable personnalité qui n’est pas des moindres. C’est un personnage hors du commun qui lui permet de montrer une large palette de son talent d’acteur. D’autant plus qu’il est très rare de voir une idol incarner un vrai méchant.
J’ai également beaucoup apprécié de revoir Kwak Dong Yeon, qui campe ici le président de Babel, dont j’avais remarqué la prestation dans It’s Ok Not To Be Ok. J’avoue qu’il est mon personnage préféré du drama Vincenzo.

Je ne vais pas vous énumérer tous les personnages, car ils sont tous très attachants, surtout les commerçants du Geumga Plaza qui cachent tous bien leur passé sous leur métier actuel de prof de piano, blanchisseur, restaurateur ou même moine. Il était très intéressant de les voir évoluer et prendre confiance en eux. Mention spéciale à Yang Kyung Won qui interprète un prêteur sur gage ancien catcheur aussi hilarant (voire même plus) que son personnage de soldat nord coréen dans Crash Landing On You. Autre mention spéciale au pigeon Inzagi qui offre des scènes tendres et droles, de même qu’une scène d’action mémorable.

Le seul petit reproche que je pourrais faire est la durée des épisodes. La plupart d’entre eux ne nous laisse pas voir le temps passer grace à un rythme équilibré entre action, humour et sentimental. Mais j’ai senti malgré tout quelques rares longueurs et notamment durant l’épilogue. Je pense que certaines scènes auraient pu être évitées et amputer ainsi la série d’un épisode pour un équilibre parfait. Mais la perfection n’existe pas parait il 😉 alors je vous recommande vivement cette série qui est un excellent divertissement, quoique parfois dur pour les âmes sensibles.

Navillera

Série coréenne de 12 épisodes de 60 mn environ diffusée sur TvN au printemps 2021. Disponible en France sur Netflix.
Genre et thèmes : drame, slice of life, amitié, danse, famille, rêves
Cette série s’inspire du webcomic coréen Like a Butterfly de Hun publié en 2016. Il n’est pas sorti en France.A noter que « Navillera » en coréen signifie « papillon »

Sim Deok Cheol, un retraité, est bouleversé par la mort de son ami en maison de retraite. Avant ce geste, il lui avait conseillé de poursuivre ses rêves. Lors d’une sortie, il se retrouve par hasard devant une salle de répétition où Chae Rok s’adonne à la danse classique. Le septuagénaire est subjugué et décide de réaliser son rêve d’enfance : apprendre à danser. Il va ainsi se lier avec Chae Rok, danseur talentueux mais blessé moralement par un père taulard et une mère décédée. Chacun va soutenir l’autre et l’aider à se dépasser.

Suite au visionnage du teaser, j’ai eu envie de voir ce drama, notamment grace à la présence de Song Kang que j’ai apprécié dans Love Alarm ou encore Sweet Home. Je n’ai pas été déçue. Cette série ressemble à un conte moderne avec de belles images simples. Le scénario est bien écrit et le rythme est bon. Contrairement à certains, je n’y ai pas trouvé de longueurs ou de répétitions. Le casting est au top. C’est avec plaisir que j’ai découvert l’acteur Park In Hwan qui incarne un grand-père attachant et malade. Les deux acteurs principaux ont du se surpasser notamment pour la danse classique.

Ce drame confronte le spectateur à la mort dès ses premières scènes. En effet, rapidement, le meilleur ami de Deok Cheol meurt. La mère de Chae Rok est également décédée. Cela fait partie de la vie, mais amène bouleversements et questionnements. De même que la maladie, surtout quand elle est irréversible. Que souhaiterais-je faire avant de mourir ?

C’est ainsi qu’on aborde le sujet du rêve. Chacun a ses propres rêves, qu’il réalise ou non, que ce soit par choix ou par contrainte. Deok Cheol, facteur, n’a jamais pu apprendre la danse classique à cause de son père. C’est un peu pareil pour Chae Rok dont le père, entraineur de foot, le coachait. Durant ses matches, il a fait équipe avec Ho Beom qui rêve d’être footballeur pro. Tous les autres personnages ont aussi le leur : le benjamin de Deok Cheol a abandonné la médecine pour devenir réalisateur, son ainé a réussi à décrocher une bonne place dans une entreprise, sa fille Cheol cherche sa voie, sa sœur souhaite être mère… Chacune de ces petites histoires nous montre que ce n’est pas facile mais que le bonheur peut être à portée de main si on veut s’en donner la peine. Il est aussi nécessaire de bien être entouré, épaulé de sa famille ou ses amis.

Une série slice of life qui pousse à se dépasser soi même, remplie de scènes poétiques et humaines. Spectateur sensible, attention aux émotions et aux larmes !

J’ai également beaucoup aimé la bande originale du drama, dont une chanson est interprétée par Taemin.

A ton tour de t’envoler !

Strangers from Hell

Série coréenne de 10 épisodes de 60 mn diffusé en été 2019 sur OCN. Disponible en France sur Netflix
Genre : horreur, épouvante, psychologie, thriller
A partir de 15 ans

Après avoir déniché un stage dans une petite entreprise de Séoul, Yun Jong Wu emménage dans une résidence à prix réduit. D’ailleurs, l’endroit est insalubre et sa chambre ressemble à un placard. Il n’est pourtant pas au bout de ses surprises lorsqu’il découvre que les résidents ont un comportement étrange et suspect.
On dit que « L’enfer c’est les autres ». Serait-ce possible que Jong Wu vienne de pénétrer aux marches de l’enfer ? Jong Wu réussira-t-il à sortir saint d’esprit de toute cette mésaventure ?

Cette série est la version live du webtoon Hell Is Other People.

Friande des adaptations de webtoons proposés par Netflix et de thrillers psychologiques en général, j’ai voulu regarder cette série en attendant l’arrivée d’un autre drama. Hélas, autant le dire tout de suite, je n’ai pas du tout aimé.
Le scénario était pourtant plaisant. Jong Wu, aspirant écrivain en galère, me fait penser à un personnage de roman de Stephen King. Mais les deux premiers épisodes ne comblent pas mes attentes. Le tempo est lent, l’atmosphère lourde… Je n’aime pas vraiment le côté policier du drama (la jeune policière enquête sur un tueur en série de chats) et le reste du huis-clos est bien trop lent et ennuyeux à mon goût. Pour résumer, il ne se passe rien et j’ai déjà vu beaucoup mieux en terme de malaise pour un thriller psychologique.

Jong Wu a peu de relief. Il est entouré de personnages très bizarres au sens négatif du terme, dont des jumeaux insupportables (J’ai envie de les frapper dans la plupart des scènes) et un obsédé sexuel détestable. Je pensais que la présence de l’acteur Lee Dong Wook (que j’ai adoré dans Goblin) relèverait le niveau. Hélas, le dentiste est lui aussi insipide.
Résultat, j’ai abandonné cette série à la fin de l’épisode 2. J’ai lu pourtant des critiques positives, mais c’est au dessus de mes forces de poursuivre ce visionnage tellement je m’ennuie. Ce qui est plus que rare puisque je termine toujours mes séries/films même si je n’accroche pas particulièrement, étant curieuse.

Love Alarm [Saison 2]

love alarm 2
Série coréenne de 6 épisodes de 50 mn environ diffusée en mars 2021 sur TvN.
Disponible en France sur Netflix.
Genre et hèmes : comédie, école, romance, technologie
Pour découvrir la fiche de la Saison 1 (aout 2019)
acteurs love alarm
Il y a quatre ans, la société est bouleversée par l’arrivée de la nouvelle application téléphonique qui vous avertit à chaque fois qu’une personne qui vous aime se trouve à moins de 10 mètres. Aujourd’hui, la version 2 de la Love Alarm a été lancée avec de nouvelles fonctionnalités. Kim Jo Jo, étudiante et artiste célèbre sur Instagram, est une ancienne utilisatrice qui a utilisé un bouclier pour éviter de faire sonner l’alarme de son petit ami de l’époque, et ainsi cacher ses sentiments. Ce bouclier lui a été offert en exclusivité par le développeur de l’appli, un camarde de lycée. Elle a depuis rompu pour se rapprocher de Lee Hye Yeong. Mais dans un monde où on n’exprime plus son amour qu’à travers la Love Alarm, Kim Jo Jo va devoir enfin faire face à ses sentiments. Elle doit pour cela retirer le bouclier de son téléphone et se met en quête de Dok Gu.


Après un an et demi d’attente, voici la suite de la série populaire sur Netflix, issue d’un webtoon coréen à succès.
L’histoire se poursuit quatre ans plus tard. Jo Jo est étudiante et a cessé de publier ses dessins sur Instagram, mais n’en reste pas moins populaire. Elle sort avec Hye Yeong, devenu journaliste. Seon Oh, toujours amoureux de Jo Jo, se lance dans une carrière d’acteur et sort avec une mannequin pour qui il n’éprouve aucun sentiment, alors que ses parents connaissent des problèmes de couple. Gul Mi n’arrive pas à faire décoller sa boutique de prêt à porter et reve toujours de rencontrer le développeur de l’appli.
J’ai trouvé Jo Jo toujours aussi pénible… voire même encore plus que dans la première saison. Bien que je puisse comprendre qu’elle ait un lourd passé qui handicape ses sentiments amoureux, elle reste terriblement froide, que ce soit avec Hye Yeong ou Seon Oh. Hye Young prend plus de place dans cette seconde saison. Ce qui est appréciable, sauf que c’est au détriment de Seon Oh qui se résume à un garçon larmoyant…
affiches love alarm 2
Cette suite s’imbrique parfaitement avec la première saison. D’ailleurs il me semble que les OST sont les mêmes. Les personnages n’ont pas beaucoup évolués et ces épisodes reposent justement sur ces changements nécessaires pour être heureux, notamment chez Jo Jo. Les épisodes sont donc un peu plus sombres et introspectifs, mais cela reste une série slice of life romantique.
De nombreux sujets sont abordés en toile de fond : le suicide, la prison, les relations avec les parents, le désir de popularité… et bien sur tous les dangers qui peuvent être liés aux applications, réseaux sociaux et sites de rencontre. On découvre qui est le fameux tueur à la Love Alarm, un type dérangé qui accorde trop de crédits aux réseaux. Même si le sujet n’est pas exploité en profondeur, il a le mérite d’être évoqué suffisamment pour toucher le public.
love alarm jojo
Malgré tout, Dok Gu fait passer le message qu’on ne peut pas vivre sans les nouvelles technologies, et quelque soit l’éthique des développeurs, il y aura toujours quelqu’un pour inventer quelque chose. D’autant plus que Love Alarm est une bénédiction pour certains et un malheur pour d’autres. L’essentiel est de ne pas en devenir esclave et de faire ses propres choix, comme Jo Jo à la fin. Et personnellement, je suis d’accord avec cette conclusion.

L’application Love Alarm existe réellement !
Lors de mes recherches pour écrire cet article, je suis tombée par hasard sur l’existence de l’appli sur le Google Store !
Je ne crois pas qu’elle soit dispo en français, voici la version anglaise.
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Bien sur, cette appli est différente de celle du drama, surfant sur sa popularité. Mais cela reste sans doute amusant. Elle sonne quand un ami lance l’appli via votre invitation par exemple. Des événements spéciaux sont créés pour gagner des badges.
J’avoue ne pas l’avoir installée. Selon les commentaires des utilisateurs, ils regrettent qu’elle ne sonne pas quand deux utilisateurs se croisent (par système de géolocalisation) J’avoue que ça aurait été un plus.