Les meilleurs films asiatiques de la décennie

Alors que la décennie s’achève, j’ai pensé faire plusieurs rétrospectives sur différents sujets. Bien sur, ce classement est complètement subjectif et tout le monde n’aura pas forcément la même opinion. Mais vous pouvez jouer le jeu vous aussi : donner votre liste personnelle ou bien commenter la mienne.
On continue avec les films, bien entendu asiatiques. Ma sélection est essentiellement coréenne car j’avoue que c’est le cinéma que je regarde le plus. Egalement, j’ai délibérément refusé d’intégrer les action-lives de mangas.
Vous pouvez retrouver les fiches complètes de certains films en cliquant sur leur titre.

1. Dernier Train pour Busan


Annoncé comme un film catastrophe, je ne m’attendait pas du tout à un film de zombies. Il n’est pas bourrin et stupide. Bien qu’il soit violent, car les zombies sont plutot réalistes. C’est ce qui est le plus horrifique. Il n’a pas le coté américain débordant d’effets spéciaux inutiles et encore moins celui, plus énervant, où certains personnages comme le héros ou le chien sont intouchables, où le bon citoyen sauve le monde. Le scénario est également saupoudré d’un sous-texte anti-capitaliste, brocardant notamment le monde de la finance et des banques. C’est donc un très bon film de zombies que je recommande à tout le monde, fan du genre ou non.

2.A Silent Voice


Très beau et très poignant. Les couleurs sont superbes et douces, l’animation fluide. C’est un film introspectif avec une large palette de sentiments. Chacun peut alors se demander s’il est possible de réparer ses erreurs et le mal qu’on a fait par le passé. Chaque personnage essaye d’y répondre plus ou moins adroitement avec sa personnalité et ses possibilités, parfois jusqu’au suicide.

3.Rampant


Le scénario est assez classique mais bien ficelé. Il réussit à mêler historique sous fond de conspiration, action et zombi avec brio. On retrouve même avec plaisir une légère pointe d’humour subtilement dosée et non grotesque. L’histoire se termine un peu de façon abrupte, mais après déjà 2h de visionnage, on peut penser que le spectateur a eu son compte d’action, d’arts martiaux et d’hémoglobine.

4.Burning


J’avoue qu’au bout de la première heure, je me suis vraiment demandé à quel film j’avais affaire. Le tempo très lent et le triangle amoureux très plat me donnaient envie de faire la sieste… Puis finalement, le film connait un tournant avec la disparition de Haemi. Les acteurs sont plus que talentueux. Mais sans doute le plus beau du film reste la photographie.

5.The Fatal Encounter


Ce film retrace les événements d’un complot avec brio. Un scénario très complexe que les acteurs réussissent à porter. Les décors et les costumes d’époque sont également époustouflants, comme bien souvent dans ce genre de réalisation. Un vrai régal pour les yeux. Un film complexe et brutal à découvrir.

6.Battleship Island


Un film très dur, basé sur des faits réels. Le scénario est bien construit, réaliste et ne donne pas dans le larmoyant malgré les scènes difficiles.

7.Forgotten


Déroutant et passionnant, une grande claque cinématographique. Un thriller psychologique plein de rebondissements qui fait travailler les méninges. Tout cela grace au scénario bien ficelé et au talent des acteurs car tout repose sur leur jeu, leur façon de transmettre les sentiments.

8.A Werewolf Boy


Une version coréenne de l’enfant sauvage à la sauce loup-garou. Avec Song Joong Ki qui fait partie de mes acteurs préférés pour son talent.

9.Punch


Un film dramatique dépeignant une tranche de vie poignante non sans humour.

10. Chilling Romance


Une comédie fantastique, un bon divertissement.

J’avoue avoir un peu pêché pour trouver les derniers titres. Aussi je me suis replongée au début de la décennie pour chercher quels films ont marqué ma mémoire. De plus, je n’ai pas eu la chance de voir Parasite, le fameux film coréen primé à Cannes cet été. Sans nul doute qu’il aurait été classé parmi les premiers de cette liste.
Et vous, un film asiatique préféré ?

Burning

affiches du film burning

Film sud coréen de Lee Chang Dong
Sorti le 17 mai 2018
Durée : 2h28
Avec : Yoo Ah-In, Steven Yeun, Jeon Jong-seo
Genre : Drame, mystère, psychologie, thriller
1 prix et 6 nominations au festival de Cannes 2018


Lors d’une livraison, Jongsu, un jeune coursier, retrouve par hasard son ancienne voisine, Haemi, qui le séduit immédiatement. Elle lui demande de s’occuper de son chat pendant un voyage en Afrique. Celle-ci revient cependant avec Ben, un garçon fortuné et mystérieux.  Alors que s’instaure entre eux un troublant triangle amoureux, Ben révèle à Jongsu son étrange passion. Peu de temps après, Haemi disparaît… Jongsu, complètement amoureux fou de Haemi, part à sa recherche.

yoo ah in dans burning
Ce film s’inspire de la nouvelles « Les granges brulées » de l’écrivain japonais Haruki Murakami et plus implicitement de « L’incendiaire » de Faulkner.
Ce film a été acclamé lors du dernier festival de Cannes, mais ce n’est pas la raison qui m’a poussé à aller le voir. D’abord, je suis une inconditionnelle de l’acteur Yoo Ah In et je pense sans me tromper que c’est l’acteur coréen dont j’ai vu le plus de films. Ensuite, avoir la chance de voir un film coréen en version originale projeté dans ma ville, c’était pour moi une chose qui n’arriverait jamais. C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis rendue au cinéma le week end dernier.
J’avais bien entendu regardé la bande annonce et je m’attendais à un thriller plutot action (Je n’avais pas lu les critiques) J’ai donc été très surprise par la lenteur du film. D’ailleurs,
le réalisateur et sa co-scénariste avouent eux-mêmes qu’ils se sont inspirés d’un texte où « il ne se passe rien ». Mais Lee Chang Dong a fini par être séduit : « ce mystère recèle une dimension très cinématographique. On allait pouvoir en faire quelque chose de plus grande ampleur et de plus complexe. Ces trous béants dans l’enchaînement des événements, la pièce manquante qui nous empêche de connaître la vérité, font référence au monde mystérieux dans lequel nous vivons aujourd’hui, ce monde dans lequel on sent bien que quelque chose ne va pas, sans pourtant réussir à expliquer précisément de quoi il s’agit ». Ce qui n’a pas été le cas de tous les spectateurs en France.
jeon jong seo dans burning
Personnellement, j’avoue qu’au bout de la première heure, je me suis vraiment demandé à quel film j’avais affaire. Le tempo très (trop) lent et le triangle amoureux très plat me donnaient envie de faire la sieste… Puis finalement, le film connait un tournant avec la disparition de Haemi. Je suis hameçonnée et même si le film continue sur ce même tempo, mon cerveau commence à entrer en ébullition. Mille questions et théories se bousculent dans ma tête : si de première évidence le coupable semble être désigné, rapidement on s’englue dans plusieurs théories. Haemi est peut etre folle. Ou bien c’est Jonsu qui a tout inventé, après tout il est romancier… Bref. Il faut s’accrocher, mais après cette première heure, on est récompensé.
Les acteurs sont plus que talentueux. Yoo Ah In porte quasiment le film sur ses épaules à lui tout seul. Et il le fait bien. Il réussit à transmettre beaucoup d’émotions tout en parlant peu. On s’attache vite à lui et on ressent beaucoup d’empathie. J’ai eu plus de mal avec Haemi, mais je pense que son personnage est très représentatif des jeunes coréennes actuelles. Quant à Steven Yeun, tout le monde le connait pour son rôle dans The Walking Dead. Il campe ici un personnage qu’on adore détester.

Mais sans doute le plus beau du film reste la photographie. Je ne suis pas très fan des paysages urbains mais encore une fois, ils sont représentatifs de Séoul et du quartier de Gangnam. J’ai plutot admiré les paysages de la campagne, au bord de la zone de démilitarisation… les intérieurs pauvres et saturés des habitations. Les jeux d’ombres et de lumières sont à couper le souffle.

Je suis donc ressortie enchantée de cette séance, même si la fin du film nous laisse dans notre purée de pois, et je salue à mon tour cette œuvre qui aurait mérité plus de récompenses comme la plupart des critiques de cinéma l’ont souligné cet été. Du coup, je vais acheter le recueil de nouvelles de Murakami (même si j’ai peu de temps pour lire) par curiosité.