Burning

affiches du film burning

Film sud coréen de Lee Chang Dong
Sorti le 17 mai 2018
Durée : 2h28
Avec : Yoo Ah-In, Steven Yeun, Jeon Jong-seo
Genre : Drame, mystère, psychologie, thriller
1 prix et 6 nominations au festival de Cannes 2018


Lors d’une livraison, Jongsu, un jeune coursier, retrouve par hasard son ancienne voisine, Haemi, qui le séduit immédiatement. Elle lui demande de s’occuper de son chat pendant un voyage en Afrique. Celle-ci revient cependant avec Ben, un garçon fortuné et mystérieux.  Alors que s’instaure entre eux un troublant triangle amoureux, Ben révèle à Jongsu son étrange passion. Peu de temps après, Haemi disparaît… Jongsu, complètement amoureux fou de Haemi, part à sa recherche.

yoo ah in dans burning
Ce film s’inspire de la nouvelles « Les granges brulées » de l’écrivain japonais Haruki Murakami et plus implicitement de « L’incendiaire » de Faulkner.
Ce film a été acclamé lors du dernier festival de Cannes, mais ce n’est pas la raison qui m’a poussé à aller le voir. D’abord, je suis une inconditionnelle de l’acteur Yoo Ah In et je pense sans me tromper que c’est l’acteur coréen dont j’ai vu le plus de films. Ensuite, avoir la chance de voir un film coréen en version originale projeté dans ma ville, c’était pour moi une chose qui n’arriverait jamais. C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis rendue au cinéma le week end dernier.
J’avais bien entendu regardé la bande annonce et je m’attendais à un thriller plutot action (Je n’avais pas lu les critiques) J’ai donc été très surprise par la lenteur du film. D’ailleurs,
le réalisateur et sa co-scénariste avouent eux-mêmes qu’ils se sont inspirés d’un texte où « il ne se passe rien ». Mais Lee Chang Dong a fini par être séduit : « ce mystère recèle une dimension très cinématographique. On allait pouvoir en faire quelque chose de plus grande ampleur et de plus complexe. Ces trous béants dans l’enchaînement des événements, la pièce manquante qui nous empêche de connaître la vérité, font référence au monde mystérieux dans lequel nous vivons aujourd’hui, ce monde dans lequel on sent bien que quelque chose ne va pas, sans pourtant réussir à expliquer précisément de quoi il s’agit ». Ce qui n’a pas été le cas de tous les spectateurs en France.
jeon jong seo dans burning
Personnellement, j’avoue qu’au bout de la première heure, je me suis vraiment demandé à quel film j’avais affaire. Le tempo très (trop) lent et le triangle amoureux très plat me donnaient envie de faire la sieste… Puis finalement, le film connait un tournant avec la disparition de Haemi. Je suis hameçonnée et même si le film continue sur ce même tempo, mon cerveau commence à entrer en ébullition. Mille questions et théories se bousculent dans ma tête : si de première évidence le coupable semble être désigné, rapidement on s’englue dans plusieurs théories. Haemi est peut etre folle. Ou bien c’est Jonsu qui a tout inventé, après tout il est romancier… Bref. Il faut s’accrocher, mais après cette première heure, on est récompensé.
Les acteurs sont plus que talentueux. Yoo Ah In porte quasiment le film sur ses épaules à lui tout seul. Et il le fait bien. Il réussit à transmettre beaucoup d’émotions tout en parlant peu. On s’attache vite à lui et on ressent beaucoup d’empathie. J’ai eu plus de mal avec Haemi, mais je pense que son personnage est très représentatif des jeunes coréennes actuelles. Quant à Steven Yeun, tout le monde le connait pour son rôle dans The Walking Dead. Il campe ici un personnage qu’on adore détester.

Mais sans doute le plus beau du film reste la photographie. Je ne suis pas très fan des paysages urbains mais encore une fois, ils sont représentatifs de Séoul et du quartier de Gangnam. J’ai plutot admiré les paysages de la campagne, au bord de la zone de démilitarisation… les intérieurs pauvres et saturés des habitations. Les jeux d’ombres et de lumières sont à couper le souffle.

Je suis donc ressortie enchantée de cette séance, même si la fin du film nous laisse dans notre purée de pois, et je salue à mon tour cette œuvre qui aurait mérité plus de récompenses comme la plupart des critiques de cinéma l’ont souligné cet été. Du coup, je vais acheter le recueil de nouvelles de Murakami (même si j’ai peu de temps pour lire) par curiosité.